Isabelle Lavoie

Associée de recherche à l’INRS-ETE

Je suis actuellement associée de recherche dans le laboratoire d’un professeur-chercheur en écotoxicologie aquatique (biochimie des métaux) à l’INRS. Si j’ai la quasi-conviction d’être enfin au bon endroit, le chemin qui m’y a conduit a été tracé (en partie) par le hasard, du moins, par une série de circonstances et d’opportunités…

Jamais je n’ai planifié être ce que je suis aujourd’hui : biologiste/écologiste/phycologue/écotoxicologue des milieux aquatiques d’eau douce. J’ai fait mon cégep au St-Lawrence College question de perfectionner mon anglais du secondaire. Pour le choix du programme, c’était facile; à l’époque, tout le monde qui ne savait pas trop ce qu’il voulait faire plus tard s’inscrivait en sciences pures. Il faut dire aussi qu’il n’y avait pas autant de formations techniques offertes… par chance puisque jamais je n’aurais su quelle direction prendre devant trop de possibilités. Par la suite, je me suis inscrite au baccalauréat en agronomie à l’Université Laval. En ce qui concerne ce choix, et bien là, je suis forcée d’avouer ne pas avoir d’explication sensée! Même si je n’ai pas particulièrement aimé mes années dans ce programme, je l’ai quand même terminé sans trop me poser de questions pour la suite. Au cours de la quatrième année, alors que la plupart de mes compatriotes étudiaient pour passer l’examen de l’Ordre des Agronomes du Québec, cherchaient un travail, ou planifiaient reprendre la ferme familiale, moi, je n’avais pas de plan.

C’est à la toute fin de mon bac qu’un conférencier du Ministère de l’Environnement du Québec est venu présenter une étude sur l’effet de la destruction des bandes riveraines en milieux agricoles sur les milieux aquatiques. C’est à ce moment que j’ai eu la conviction que j’allais poursuivre dans le vaste domaine de l’écologie aquatique, plus précisément en lien avec la pollution des rivières. Mais comment trouver un travail là-dedans? La solution facile était pour moi de continuer à la maîtrise, toujours à l’Université Laval, mais dans le département de biologie cette fois. Mon sujet : l’utilisation du périphyton (ça, c’est le truc vert brun visqueux qui pousse sur les roches dans l’eau… attention c’est glissant!) pour évaluer la pollution des rivières en milieux agricoles. Le sujet me passionnait et ces deux années ont passé très vite, mais encore une fois, je n’avais pas vraiment de plan pour la suite.

J’ai décidé de partir travailler en Ontario dans l’équipe d’un chercheur renommé en biogéochimie aquatique. Arrivée sur les lieux pour mon premier jour de travail, ledit chercheur m’a plutôt offert de réaliser un doctorat dans son équipe! J’ai donc fait un doctorat de 5 ans qui s’est terminé avec la création d’un indice (basé sur les algues) permettant d’améliorer les suivis de la qualité de l’eau des rivières. Summum de la satisfaction, cet outil est maintenant utilisé par plusieurs agences privées et gouvernementales.

On fait quoi ensuite, après un doctorat? Trouver du travail? Ce serait plus facile de simplement poursuivre avec un postdoctorat! Et c’est à l’UQTR que je l’ai réalisé, pendant deux ans. Et ensuite? Un autre postdoctorat tant qu’à y être! Pour celui-là, je suis allée à l’INRS… et j’y suis restée en tant qu’associée de recherche.

Jusqu’à la toute récente naissance de mes jumelles, je dirais que les études/travail prenaient toute la place dans ma vie… ce qui explique en partie pourquoi j’ai eu mes filles à 38 ans! La recherche est un monde hyper compétitif et les compétences se calculent en nombre de publications. Il faut donc bosser comme des dingues pour se démarquer. Jamais je n’aurais pu accomplir tout ce que j’ai fait en ayant une famille plus tôt… ce qui, en gros, revient à dire qu’il est assez difficile d’être maman et de continuer une carrière scientifique de haut niveau. Bien sûr, c’est quand même possible!

Dans mon cas, les années m’ont menée là où je devais être. J’adore ce que je fais! J’aime démarrer des projets, trouver des partenaires, chercher du financement, analyser les données recueillies et écrire des rapports ou des publications. J’adore également participer aux conférences à travers le monde… jamais je n’aurais pu autant voyager si ce n’était de mes études.

Tout au long de mon parcours, je ne peux pas dire avoir rencontré des difficultés que je qualifierais d’obstacles. J’ai l’impression d’avoir passé les 15 dernières années à bord d’une montagne russe… mais entre les chutes libres et les virages abrupts, il y a aussi de folles envolées!


Profil mis en ligne: 10-10-2014

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