Réorientation de carrière

Cette semaine se tient la semaine québécoise de l’orientation. Pour l’occasion, F-STIM a décidé d’aborder la réorientation de carrière. Les femmes sont déjà peu nombreuses dans certaines branches des STIM, mais en plus, bon nombre d’entre elles quittent ces domaines durant leurs études ou au début de leur carrière. Le ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport (2007) a estimé que le décrochage et le changement de programme en 2007 touchait 30% des étudiantes et des étudiants du collégial et 40% de ceux des universités au premier cycle en sciences et génie, sciences pures et sciences appliquées.

Parfois, les étudiantes quittent vers d’autres domaines; parfois, elles mettent fin à leurs études plus tôt que prévu pour aller sur le marché du travail. Diverses raisons peuvent les pousser à vouloir se réorienter et amorcer un changement de cette envergure dans leur vie. D’abord, elles peuvent vivre des niveaux élevés de stress en raison des examens, des travaux, de la pression à performer ou encore en raison de difficultés à concilier l’école, le travail et la vie personnelle (ACHA, 2009; Grant, 2002). Les étudiantes peuvent vouloir changer de milieu en raison de conflits avec d’autres étudiantes et étudiants, avec des professeures ou professeurs ou encore avec sa directrice ou son directeur de recherche (Litalien, 2014). Les causes peuvent également être liées à l’environnement de recherche. Ensuite, les étudiantes peuvent vouloir se réorienter en raison d’une baisse de motivation par rapport à leur domaine d’étude. Elles peuvent avoir l’impression de ne pas être suffisamment compétentes ou performantes. Il se peut aussi qu’elles apprennent que la nature des tâches qu’elles accompliront dans leur profession ne s’avère pas à la hauteur de leurs attentes, ou que certains besoins ne seront pas comblés par les emplois liés au domaine d’études. Tout cela aura alors pour conséquence de rendre la perception de sa profession ou de son domaine professionnel moins attrayante qu’au moment du choix de son programme d’études.

Pour les femmes déjà en milieu de travail, les raisons qui les poussent vers le changement sont également diverses. Elles peuvent être liées à l’ambiance, aux conditions de travail, ou encore au fait de vivre de la discrimination. Autrement, le changement peut aussi être destiné à combler des besoins professionnels qui ne le sont pas actuellement, par exemple un désir de travailler davantage auprès des personnes, de faire moins de travail technique et plus d’administration, ou encore de travailler au grand air.

Si vous vous sentez dans l’une de ces situations et que vous envisagez la possibilité de changer de programme d’études ou de domaine professionnel, ou encore que vous songez à interrompre vos études, certaines questions doivent être considérées. Premièrement, assurez-vous de vous être donnée une période d’adaptation suffisante pour apprendre à bien connaître toutes les facettes d’un domaine et ses diverses possibilités de carrière. Ensuite, pesez bien les raisons qui vous ont poussée à choisir votre domaine professionnel/d’études actuel, et celles qui vous poussent à vouloir le quitter. Parfois les raisons qui vous poussent à vouloir quitter votre domaine actuel peuvent être circonstancielles, comme par exemple dépendre des personnes qui composent votre entourage. Il faut alors vous questionner à savoir si ce qui vous déplait est présent dans tous les emplois liés à votre domaine ou si au contraire, c’est un facteur propre à votre milieu actuel. Il serait dommage de quitter un domaine professionnel à cause de mauvaises expériences qui ne se reproduiront peut-être jamais. Par ailleurs, la solution qui consiste à se réorienter peut parfois sembler logique, mais elle ne répond peut-être pas toujours au bon problème. En effet, rien ne garantit que l’herbe sera plus verte ailleurs. Par exemple, certaines pourraient vouloir mettre fin à leurs études, car elles ont de la difficulté à gérer le stress engendré par leur difficulté à concilier les études et la vie personnelle. Elles doivent alors se demander si l’abandon des études ou la réorientation de carrière constitue la solution la plus judicieuse. D’autres options pourraient être envisagées, telles que développer sa capacité à gérer son temps ou son stress, accepter de ralentir temporairement certaines activités, ou encore vivre de nouvelles expériences en emploi dans des milieux différents de ceux qu’on a connus.

Même si votre réflexion vous mène à changer de programme d’études ou à encore retourner aux études pour entamer une nouvelle formation, rien n’oblige à changer du tout au tout! Cette formation peut au contraire constituer une spécification de vos intérêts et une spécialisation de vos compétences ou une diversification de vos activités. Par exemple, après avoir complété son baccalauréat en génie mécanique avec une concentration en aéronautique et acquis plusieurs expériences sur le marché du travail, Viviane est retournée au Cégep afin de diversifier ses activités et de pouvoir faire plus de travail « de terrain ». Dans d’autres cas, il peut arriver que votre domaine vous offre des perspectives auxquelles vous n’auriez pas songé! Par exemple, les conditions de travail seront significativement différentes pour une ingénieure avec doctorat si elle choisit de se réorienter vers une carrière universitaire, une carrière dans le génie-conseil, la fonction publique ou l’industrie.

Si, au final, vous choisissez de faire un virage radical, examinez de nouveau vos objectifs afin de vous réorienter dans la bonne direction! Plusieurs enjeux sont à prendre en considération : les acquis qui vous serviront et ceux qui seront perdus, les projets de vie qui devront être reportés (par exemple si vous souhaitez avoir des enfants), vos moyens financiers et les perspectives du marché du travail dans ce domaine (y a-t-il de l’emploi, devrez-vous déménager, etc.).

Comment répondre de façon éclairée à toutes ces questions? D’abord, renseignez-vous. Vous pouvez poser des questions à différentes personnes qui étudient et/ou qui travaillent dans ce domaine (vous pouvez même faire appel à nous afin que nous vous trouvions une « personne-ressource »!). Vous trouverez aussi utile de solliciter le point de vue de personnes en provenance de différents milieux afin d’élargir votre regard sur la problématique. N’hésitez pas non plus à faire appel à une conseillère ou un conseiller en orientation. Des services gratuits sont généralement disponibles dans les établissements d’enseignement et si vous êtes âgée de 35 ans et moins, vous pouvez aussi faire appel gratuitement aux conseillers des carrefours jeunesse-emploi. N’hésitez pas à demander d’être accompagnée par une ou un conseiller en orientation dans le processus de réflexion et de transition auquel vous ferez face.

Ressources en orientation

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