Moi je n’ai recours à aucun stéréotype

Les stéréotypes sont nombreux et nombreux dans les discours que l’on entend au quotidien. Dans le contexte où des efforts sont investis afin d’améliorer l’égalité des chances de réussir des femmes et des hommes en sciences, les stéréotypes constituent un fléau nuisant aux progrès en la matière.

Toutefois, comme le concept de « stéréotype » est généralement péjoratif, rares sont ceux qui admettent avoir recours ou entretenir des stéréotypes. En plus de cela, au-delà de ceux qui ne l’admettent pas, il peut arriver que des stéréotypes soient véhiculés de façon tout à fait involontaire, puisqu’ils sont ancrés de façon inconsciente dans sa perception du monde. Il est alors d’autant plus difficile d’amorcer des changements pour les vaincre.

À cet effet, le Project Implicit, une organisation internationale de chercheurs à but non lucratif, a développé une série de mesures appelées Tests d’Association Implicite (TAI), dont l’une porte sur le genre et les sciences. Le test prend environ une vingtaine de minutes à compléter et évalue votre tendance inconsciente à associer les femmes aux arts et les hommes à la science. Oserez-vous le compléter?

TAI – Genre

Dans un même ordre d’idées, le caractère inconscient de l’intégration des stéréotypes à son mode de pensée peut avoir d’importantes répercussions. À titre d’exemple, en 2012, la Commission européenne, avec la bonne intention de faire la promotion des sciences chez les filles, s’est avérée faire une grande maladresse :

En effet, ce vidéo en a choqué plusieurs, puisque, malgré la bonne intention d’employer des références « cool » pour les filles afin de leur montrer que les sciences sont « cool », ils ont plutôt employé des tactiques que certaines et certains auront qualifiées de grossières. Ainsi, la stratégie de séduction de la Commission consistait à présenter des éprouvettes, des formules mathématiques et d’autres images des sciences avec des images associées, selon elle, aux filles : rose, talons hauts, maquillage, etc. Au final, la stratégie médiatique n’aura pas eu l’effet escompté.

À votre avis, quel impact ce vidéo a pu avoir auprès du public cible? Fiasco? Susciter une réflexion critique? Exprimez-vous!

4 réflexions sur “Moi je n’ai recours à aucun stéréotype

  1. En fait, en tant qu’ado, j’aurais préféré savoir que les femmes étaient les premières programmeuses. J’aurais aimé qu’on me dise que les sciences, c’est loin d’être un domaine où les gens travaillent en solitaire, avec peu d’interactions avec les autres. Surtout, j’aurais aimé qu’on me donne des modèles: pas des Grace Hopper ou des Marie Curie, qui sont des femmes exceptionnelles (et présentent des idéaux quasi-inattaignables), mais des femmes ordinaires qui font les métiers vers lesquels on veut diriger les jeunes filles.

    • Bonjour,
      Je suis professeure en didactique des mathématiques et je pense que les femmes qui sont dans des domaines scientifiques ne sont pas différentes des autres femmes; certaines sont plus sociables, d’autres moins, mais le travail relatif aux sciences demeure très diversifié. Il demande toutefois une bonne formation, laquelle n’est pas plus exigeante que d’autres formations. La plupart des femmes ou des hommes dans les domaines scientifiques sont ordinaires, mais elles et ils ont travaillé pour se faire une place. De plus, ces femmes ont cru qu’elles pouvaient se tailler une place en sciences et, je pense que c’est pour cela, qu’on les trouve ensuite exceptionnelles. Elles ont d’abord choisi de croire en elles et de travailler pour parvenir à leur succès. Voila ma contribution à cette question. Anne.

      • Je suis d’accord avec toi, Anne. Cependant, je ne suis pas allée en informatique à l’université car je croyais au stéréotype du programmeur dans sa cave. Je n’avais pas envie de me mesurer à des hommes qui programmaient depuis 10 ans avant de rentrer à l’université. Si on m’avait présenté Grace Hopper comme modèle, ça ne m’aurait pas aidé. Quelqu’un d’aussi exceptionnel m’aurait découragé d’emblée: les chances que je l’égale sont tellement minces que ça ne vaut pas la peine d’essayer.

        Ce qui m’aurait encouragé, c’est:
        – Détruire le stéréotype du programmeur
        – M’assurer que je ne commencerais pas mes études avec un déficit important (genre: au bout de la première session, tout le monde sera au même niveau)
        – Me présenter des gens « normaux » qui font une job intéressante
        – Mettre l’emphase sur les comportements généralement encouragés chez les femmes: coopération, aide, interaction

        Le rouge à lèvres et les talons hauts? Même à 35 ans j’en porte seulement pour les grandes occasions. Et je n’ai pas de sacoche.

  2. Rebonjour Zahra,
    Cela tombe bien, car avant de m’orienter en didactique des mathématiques, j,étais inscrite en math-informatique pour mon baccalauréat. Nous étions peu de filles avec beaucoup de garçons et ce que j’ai connu c’est seulement des personnes qui travaillaient fort pour réussir leur cours. il n’y avait pas de programmeurs dans la cave, pas de Ti-Joe qui connaît tout. Je me souviens qu’on travaillait ensemble, que nous avions toutes et tous nos forces et, également, nos faiblesses. J’ai vu des gars qui n’obtenaient pas de grosses notes, des filles et des gars qui bûchaient pour comprendre les problèmes informatiques, mais qui ont réussi à trouver des emplois et qui ont continué à travailler dans des domaines connexes. Il faut seulement arrêter de croire que les domaines scientifiques c’est uniquement pour les bollés, il y a de la place pour des personnes ordinaires qui sont capables de croire en eux, même s’ils font face à des difficultés. Il faut par contre être attiré par ce travail qui demande une forte concentration, mais aussi beaucoup de créativité et e réflexion. A+ Anne

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