Nadia Lehoux – Professeure en génie industriel à l’Université Laval

Nadia LehouxJe suis actuellement professeure en génie industriel au département de génie mécanique à l’Université Laval. J’ai fait mes études collégiales au Cégep François-Xavier Garneau, puis mon baccalauréat ici à l’Université Laval en génie alimentaire. J’ai ensuite complété un diplôme de deuxième cycle puis une maîtrise en génie industriel, toujours à l’Université Laval. J’ai finalement effectué mon doctorat dans le même domaine à l’École Polytechnique de Montréal.

Mon parcours est plutôt atypique et même chaotique. Au secondaire, je n’aimais que les maths, je détestais mes cours de sciences. J’ai donc choisi d’aller vers les sciences humaines au cégep. Mais là, pire encore, le premier cours de sociologie a failli me faire décrocher! J’ai donc changé pour sciences pures et j’ai alors adoré mes cours, mais je ne savais plus vraiment ce que j’allais faire plus tard.

J’ai débuté des études en génie chimique et au moment de choisir la spécialisation, j’ai bifurqué vers le génie alimentaire. Le génie a tout de suite été un coup de cœur, le côté mise en pratique des théories vues jusqu’alors a rendu mes études beaucoup plus motivantes. Mais c’est vraiment à la dernière année de mon bac, lorsque j’ai suivi deux cours de génie industriel, que j’ai su que c’était ce génie que j’aimerais faire toute ma vie. Le côté planification, organisation, amélioration de ce qui nous entoure a su m’attirer à l’époque, et c’est ce qui m’attire encore aujourd’hui. Quant à l’enseignement, c’est vraiment après avoir complété ma maîtrise que ce goût d’expliquer, de transmettre mes connaissances m’est venu. Après un peu plus d’un an sur le marché du travail, j’ai donc débuté mes études doctorales qui m’ont menée jusqu’ici.

Le moment le plus difficile que j’ai vécu pendant mes études est certainement la mort de mon père à la fin de mon baccalauréat. Il a toujours eu une soif de savoir et accordé une très grande importance à l’éducation. J’ai donc vécu ce deuil comme un élan pour aller encore plus loin dans les études et faire en sorte qu’il soit fier de moi. Plus tard au doctorat, j’ai aussi vécu une période de doute. On est seul dans notre bulle, les gens autour de nous ne comprennent pas toujours ce que nous faisons ni pourquoi nous le faisons, nos amis ont des boulots, et pas nous, bref ça peut vraiment être insécurisant. Mais ce sont encore une fois les proches, parents, amis, qui m’ont encouragée à poursuivre mon rêve et à surtout ne pas baisser les bras dans les moments difficiles.

Au niveau de ce que j’aime particulièrement dans mon travail, il faut préciser qu’un professeur dans une université a trois tâches principales. Il doit d’abord enseigner. C’est une tâche extrêmement valorisante puisqu’on voit les étudiants démarrer de zéro, ne rien connaître sur un concept, et devenir petit à petit de vrais championnes et champions. Le second volet de notre travail concerne la recherche. Chaque chercheur a son dada et c’est là l’opportunité de toujours en connaître plus. On forme du même coup des étudiantes et des étudiants gradués qui deviendront des chercheurs et qui auront la chance de contribuer positivement à leur environnement. La dernière tâche concerne la participation. Je suis pour ma part directrice du programme de baccalauréat. Je peux m’assurer de la qualité des cours et de leur enseignement, tout en offrant une écoute aux étudiants qui ont parfois besoin d’être un peu guidés dans leur cheminement. Ce sentiment d’utilité est très valorisant.

Au final, le secret pour de longues études et une carrière universitaire, c’est d’abord la patience! Tout demande un certain temps, d’abord pour compléter ses études, ensuite parce que les recherches peuvent parfois être fastidieuses sans résultats tangibles et les subventions peuvent se faire rares. C’est la passion pour ce que l’on fait qui nous donnera l’énergie nécessaire pour passer à travers ces grands moments d’attente.

Jeune, j’étais un vrai bouillon de culture et de sport qui s’est atténué durant mes études universitaires. Je commence toutefois à reprendre mes bonnes habitudes avec du yoga quotidiennement, du vélo, du workout, des pièces de théâtre qui me font rire ou pleurer, des bouquins qui parlent d’autre chose que de génie industriel, et des voyages qui me font un bien fou. Je fais beaucoup de bénévolat dans le cadre de mon travail (pour les activités d’intégration et projets étudiants, pour la fondation MIRA), ce qui est encore une fois une excellente façon de se sentir utile dans la vie.

Mon dicton : « Un sourire vient à la rescousse de tout ». Peu importe le travail que l’on fait, on connaîtra de bons et de moins bons moments, des périodes stimulantes et des périodes difficiles, des joies et des peines, mais c’est vraiment en choisissant quelque chose que l’on aime, qui nous rend heureux, qu’on pourra cheminer dans le monde professionnel sans heurt.


Tu aimerais en savoir plus sur le travail d’une professeure universitaire ou encore sur le domaine du génie industriel, c’est le moment de poser tes questions. Tu n’as qu’à inscrire ta ou tes questions ici et nous publierons les réponses de Mme Nadia Lehoux directement dans le forum.

2 réflexions sur “Nadia Lehoux – Professeure en génie industriel à l’Université Laval

  1. Bonjour Nadia, merci pour ce parcours inspirant! Je suis au post doctorat en ecohydraulique et mon but est aussi de devenir professeur/chercheure. Je me demandais comment as-tu vécu les premières années de ta carrière entre les demandes de subventions et le développement de tes cours? Avais-tu beaucoup de pression de ton départent pour aller chercher rapidement du financement pour tes projes? Et sinon, quels sont les défis les plus importants que tu as eu à faire face par rapport à l’enseignement? Merci beaucoup!

    • Bonjour Valérie!

      Ce sont d’excellentes questions. Ça peut en effet paraître plutôt inquiétant de devoir préparer des demandes de subvention en début de carrière étant donné le manque d’expérience en la matière et surtout la vision pas nécessairement parfaitement établie de ses recherches futures. Pour ma part, ce qui m’a donné un réel coup de main, c’est de demander des exemples de demandes de mes collègues. J’ai ainsi pu avoir une espèce de canevas de base pour me lancer. Ensuite, j’ai pris le temps de bien réfléchir sur ce que je voulais vraiment faire comme chercheure. Comme me le disait une collègue, tu as beau avoir la meilleure idée du monde, si tu n’as aucune idée de quelle façon tu vas l’explorer et l’expérimenter, on risque de ne pas vouloir supporter tes travaux. Au Canada, on a la chance de pouvoir faire une demande auprès du CRSNG comme jeune chercheure (Subvention à la découverte). Le comité est là pour justement encourager la relève et aider les jeunes chercheurs à démarrer leurs travaux. Tu aurais donc avantage dès le début de ta carrière à préparer une telle demande qui pourra t’aider à te lancer en recherche.

      Côté enseignement, préparer ses cours peut aussi être tout un défi. De mon côté, j’ai suivi un cours extraordinaire qui s’appelle Plaisir de faire apprendre à l’Université Laval et qui m’a réellement aidé à bien camper les objectifs pédagogiques de mes cours, à identifier le matériel nécessaire, à connaître tous les outils à ma disposition, etc. Je me suis aussi littéralement ensevelie de bouquins pour avoir en main toutes les sources d’information nécessaires aux domaines d’études que j’enseignais. Et je me suis lancée. Tu verras, chaque cours que tu donnes te permettra de t’ajuster. En étant à l’écoute des étudiants, en les suivant durant chaque session, tu ne pourras rendre tes cours que meilleurs.

      La tâche professorale peut parfois paraître très exigeante en début de carrière, mais c’est aussi un métier extrêmement valorisant. Je suis certaine que tu ne regretteras pas ton choix !

      A bientôt,

      Nadia

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s