Le plafond de verre, un fléau chez les femmes en sciences

Tu as peut-être déjà vu ou entendu l’expression « plafond de verre ». Ce phénomène est souvent évoqué lorsque l’on parle de la réalité professionnelle des femmes en sciences. Mais au fait, qu’est-ce que c’est?

Le plafond de verre (ou « glass ceiling » en anglais) est un phénomène « politique », identifié par Gay Bryant dans les années ’80, selon lequel on observe une sous-représentation de femmes et de minorités au sein des plus hauts échelons hiérarchiques des entreprises et organisations. En d’autres termes, certains parlent d’une « barrière invisible » qui les empêche d’avoir accès aux postes et fonctions supérieures, et ce, sans égard à leur niveau de compétences.

Ce phénomène est certes présent chez les femmes en sciences, mais s’étend également à une foule d’autres domaines professionnels (affaires, sciences infirmières, enseignement, etc.). Des comités ont été érigés aux États-Unis, au Canada et au Québec pour comprendre ce phénomène et l’éradiquer. Un rapport de l’Institut de la statistique du Québec (2013) explique que les données issues du recensement de 2012 montrent toujours la présence d’un « plafond de verre » :

Figure 1: Proportion des femmes en gestion selon l’âge en 2012, comparaison avec les femmes en emploi et avec l’année 1987

graphique femmes en emploi vs gestionnaireSource: Boulet, 2013

À la lumière de ces données, il est possible de constater une amélioration de la situation depuis 1987, mais en comparant avec la proportion générale de femmes en emploi, du travail reste à faire afin que les conditions d’accès aux emplois en gestion soient équitables entre les hommes et les femmes. Pour ce qui est des domaines des STIM, le « plafond de verre » est également présent. Non seulement les femmes sont moins nombreuses que les hommes dans ces carrières, mais elles y demeurent moins longtemps, notamment en raison que leurs possibilités d’avancement de carrière sont difficiles à entrevoir (Hewlett et al., 2008).

Diverses explications à ce phénomène sont envisageables (Boulet, 2013). Par exemple, il est possible que l’ascension au sein des hiérarchies organisationnelles soit réfléchie selon une logique masculine puisque les hommes sont surreprésentés dans les postes administratifs. Aussi, les données présentées précédemment montrent que la plus grande proportion de femmes gestionnaires se situe chez les 15-34 ans et qu’elle chute pour les 35-44 ans. Peut-être est-ce dû à l’augmentation des responsabilités familiales au cours de cette période, l’âge moyen de la première maternité étant de 30 ans.

Que penses-tu de ce phénomène de « plafond de verre » en STIM ? As-tu déjà pu observer ce phénomène dans un milieu de travail ou d’études? As-tu une idée de la façon dont nous pouvons nous y prendre, comme individus et comme société, afin de changer la situation?


Pour plus d’informations à ce sujet :

Boulet, M. (2013). L’accès limité des femmes aux emplois de gestion : un plafond de verre?

Hewlett, S. A., Buck Luce, C., & Servon, L. J. (2008). Stopping the exodus of women in science. Harvard Business Review,86, 22-24.

Martinez, B. (2012). The Glass Ceiling Commission.

Radio-Canada (2013). Le plafond de verre résiste toujours au Canada.

Rolland, S. (2014). Hillary Clinton invite les Québécoises à casser le plafond de verre.

3 réflexions sur “Le plafond de verre, un fléau chez les femmes en sciences

  1. J’ai déjà assisté à quelques conférences sur le sujet et il était question de plusieurs politiques à mettre en place (exemple, exiger des quotas de femmes sur toutes les instances, etc.). Outre cela, deux commentaires revenaient tout aussi régulièrement: 1) la famille, c’est souvent les femmes qui disent non à certains postes afin de prendre soin de leur famille ou tout simplement pour en fonder une et 2) le fait que plusieurs femmes se retiennent de postuler sur ces postes (syndrome de l’imposteur) car elle ne se sentent jamais assez qualifiées. Il y a donc une réflexion à ce faire sur la conciliation du travail et de la famille mais aussi, à encourager les femmes autour de nous à ne pas se sous-estimer et cela, tout en poussant nos gouvernements à mettre en place des politiques d’intégration (comme il se fait dans plusieurs pays comme la Norvège par exemple). Beaucoup de travail peut-être, mais qui se fait petit à petit!!

  2. Le livre de Monique Jérôme Forget « Les femmes au secours de l’économie » propose plusieurs très intéressantes pistes de réflexion à ce sujet. Une lecture que je recommande à celles qui se demandent, justement, si monter les échelons sera possible, ou encore, comment contrer certaines pratiques masculines.

  3. Pingback: Journée internationale de la fille et journée d’Ada Lovelace | fstim

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